Du 18 au 21 juin 2025, j'ai participé au Forum international de Saint-Pétersbourg, aux côtés de mes collègues banquiers. Cette participation représente l'un des moments les plus significatifs de mon parcours professionnel en 2025, m'offrant l'opportunité unique de prendre part à l'un des forums économiques les plus influents et les plus prestigieux au monde. Le Forum international de Saint-Pétersbourg, souvent comparé au Forum économique mondial de Davos, s'est imposé au fil des années comme une plateforme incontournable pour le dialogue économique international, particulièrement pour les pays émergents et les nations cherchant des alternatives aux structures traditionnelles de gouvernance économique mondiale.
Ma présence à ce forum en tant que représentant du secteur bancaire et spécialiste des relations économiques entre la Russie et l'Afrique m'a permis de participer activement aux discussions sur l'avenir de la coopération financière internationale. Accompagné de mes collègues du secteur bancaire russe et international, j'ai pu contribuer aux réflexions sur les transformations en cours dans le système financier mondial et les opportunités qu'elles créent pour les économies émergentes.
Cet événement d'envergure a réuni près de 180 pays, avec la présence éminente du Président Vladimir Poutine lui-même. L'ampleur de cette participation témoigne de l'importance croissante du Forum de Saint-Pétersbourg comme plateforme de dialogue multilatéral à un moment où les structures traditionnelles de coopération internationale sont remises en question et où de nouveaux alignements géopolitiques se dessinent. La présence de délégations de presque tous les continents—Asie, Afrique, Amérique latine, Europe, Moyen-Orient, et Océanie—a créé un environnement véritablement global pour les échanges et les négociations.
La présence du Président Vladimir Poutine a ajouté une dimension particulière à cet événement. Son discours principal, suivi avec attention par les milliers de participants, a tracé les grandes lignes de la vision russe pour l'ordre économique international futur, abordant des questions cruciales telles que la dédollarisation, les systèmes de paiement alternatifs, la souveraineté économique, et la multipolarité. La possibilité d'entendre directement les perspectives du leader russe sur ces questions stratégiques, dans un contexte où la Russie joue un rôle de plus en plus central dans la reconfiguration de l'architecture économique mondiale, a été extrêmement instructive.
Au-delà du discours présidentiel, la présence de Poutine lors de plusieurs sessions plénières et tables rondes a permis des échanges directs entre le chef d'État russe et des dirigeants d'entreprises, des banquiers, des ministres et des chefs d'État d'autres nations. Ces interactions ont offert des aperçus précieux sur les priorités de la politique économique russe et sur les opportunités de partenariat que la Russie cherche à développer avec différentes régions du monde.
Nous y avons échangé sur une diversité de sujets stratégiques. La richesse thématique du forum reflétait la complexité des défis économiques contemporains et l'interconnexion croissante entre différents domaines de l'activité économique. Les discussions ont couvert un spectre remarquablement large de questions, toutes essentielles pour comprendre les transformations en cours dans l'économie mondiale et pour identifier les opportunités de coopération et d'investissement.
L'un des thèmes centraux du forum a été la transformation du système financier international et le développement d'alternatives aux mécanismes de paiement et de règlement dominés par le dollar américain. Les sessions consacrées à ce sujet ont exploré les initiatives en cours pour créer des systèmes de paiement régionaux et bilatéraux, l'utilisation croissante des monnaies nationales dans le commerce international, le rôle potentiel des monnaies numériques de banque centrale (CBDC), et les mécanismes de compensation multilatéraux qui pourraient réduire la dépendance vis-à-vis du système SWIFT.
En tant que professionnel du secteur bancaire travaillant spécifiquement sur les relations Russie-Afrique, j'ai participé activement aux discussions sur les systèmes de paiement alternatifs pour le commerce entre ces régions. Les défis pratiques liés aux sanctions, aux restrictions bancaires, et aux difficultés de transfert de fonds ont créé une urgence particulière pour développer des solutions innovantes. Les échanges avec des banquiers africains, russes, chinois, indiens et d'autres pays ont permis d'identifier des approches prometteuses, incluant l'utilisation accrue des monnaies nationales, le développement de plateformes de paiement numériques régionales, et l'établissement de lignes de crédit bilatérales qui contournent les systèmes traditionnels.
La coopération économique et commerciale entre la Russie et les pays du Sud global a constitué un autre axe majeur des discussions. Plusieurs sessions ont été spécifiquement consacrées aux relations Russie-Afrique, Russie-Amérique latine, et Russie-Asie. Ces sessions ont exploré les opportunités dans des secteurs variés tels que l'agriculture, l'énergie, les mines, l'infrastructure, la technologie, et bien sûr, l'industrie pharmaceutique—mon domaine d'expertise principal.
Les discussions sur le secteur pharmaceutique ont été particulièrement pertinentes pour mon travail chez Pharmasyntez. Le forum a accueilli plusieurs tables rondes sur la sécurité sanitaire, l'indépendance pharmaceutique, et les opportunités de coopération dans la production et la distribution de médicaments. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la vulnérabilité de nombreux pays en développement face à leur dépendance vis-à-vis des importations pharmaceutiques, créant ainsi une conscience accrue de la nécessité de développer des capacités de production locales et régionales.
J'ai eu l'opportunité de présenter l'expérience de Pharmasyntez dans le développement de partenariats avec des pays africains, incluant les transferts de technologie, la formation de personnel local, et l'établissement de lignes de production dans plusieurs pays du continent. Ces présentations ont suscité un intérêt considérable de la part de délégations d'autres pays africains ainsi que de pays d'Amérique latine et d'Asie cherchant à développer des collaborations similaires. Plusieurs réunions bilatérales ont été organisées en marge du forum pour explorer concrètement ces opportunités.
La question de la souveraineté économique et technologique a émergé comme un thème transversal présent dans pratiquement toutes les discussions du forum. Dans un contexte géopolitique marqué par l'utilisation croissante de sanctions économiques, de restrictions technologiques, et d'autres formes de pression économique comme instruments de politique étrangère, la recherche de l'autonomie stratégique est devenue une priorité pour de nombreux pays. Les débats ont porté sur les stratégies pour réduire les vulnérabilités économiques, développer des chaînes d'approvisionnement alternatives, maîtriser les technologies critiques, et créer des écosystèmes économiques plus résilients.
L'énergie et la sécurité énergétique ont naturellement occupé une place importante dans les discussions du forum. La Russie, en tant que l'un des principaux producteurs mondiaux d'énergie, a présenté sa vision pour l'avenir du marché énergétique mondial, incluant les opportunités de redirection des flux énergétiques vers l'Asie et d'autres régions, le développement de nouvelles infrastructures de transport d'énergie, et le potentiel de la coopération dans les énergies renouvelables et la technologie nucléaire.
Les discussions sur l'énergie ont également abordé la transition énergétique et le changement climatique, avec des perspectives parfois différentes de celles dominantes dans les forums occidentaux. Les participants ont souligné la nécessité d'une transition énergétique juste qui ne pénalise pas les pays en développement, l'importance de l'accès universel à l'énergie comme condition du développement, et le rôle que différentes sources d'énergie—incluant le gaz naturel et l'énergie nucléaire—peuvent jouer dans une transition réaliste et équitable.
Le développement des infrastructures a constitué un autre sujet majeur, avec des sessions consacrées aux projets de connectivité régionale, aux corridors de transport, et aux opportunités d'investissement dans les infrastructures physiques et numériques. Les participants ont discuté de méga-projets tels que le corridor de transport Nord-Sud reliant la Russie à l'Inde via l'Iran, les initiatives de connectivité en Asie centrale, et les opportunités d'investissement dans les infrastructures africaines.
La transformation numérique et les technologies émergentes ont également fait l'objet d'attention considérable. Les discussions ont porté sur l'intelligence artificielle, la blockchain, l'Internet des objets, la 5G, et d'autres technologies qui transforment rapidement les économies et les sociétés. Un accent particulier a été mis sur la nécessité de réduire la fracture numérique et de s'assurer que les pays en développement puissent participer pleinement à la révolution numérique et en bénéficier, plutôt que d'en être simplement des consommateurs passifs.
Au-delà des sessions formelles, le Forum de Saint-Pétersbourg a offert d'innombrables opportunités de réseautage et d'échanges informels. Les pauses café, les déjeuners de travail, les réceptions, et les événements sociaux ont créé des espaces pour des conversations approfondies, l'établissement de nouvelles relations professionnelles, et la consolidation de partenariats existants. En tant que facilitateur de relations internationales, j'ai pu mettre à profit ces opportunités pour connecter des acteurs de différentes régions, faciliter des introductions entre partenaires potentiels, et explorer de nouvelles avenues de coopération.
J'ai eu le privilège de rencontrer et d'échanger avec des ministres des finances, des gouverneurs de banques centrales, des PDG de grandes entreprises, des banquiers internationaux, des représentants d'organisations internationales, et des experts académiques de dizaines de pays. Ces échanges ont enrichi ma compréhension des dynamiques économiques mondiales, des priorités de différents pays, et des opportunités de collaboration émergentes.
Plusieurs de ces rencontres ont déjà donné lieu à des suivis concrets. Des missions d'exploration ont été planifiées, des protocoles d'accord sont en cours de négociation, et plusieurs projets de partenariat dans le secteur pharmaceutique et bancaire sont à des stades avancés de discussion. Le forum a servi de catalyseur pour accélérer des processus qui auraient autrement pris beaucoup plus de temps à se développer.
L'atmosphère générale du forum était marquée par un optimisme prudent et un sentiment de possibilités s'ouvrant pour une coopération internationale renforcée entre pays partageant des visions similaires sur la nécessité de réformer l'ordre économique mondial. Les participants ont exprimé une reconnaissance collective du fait que le monde traverse une période de transformation profonde, et que cette période de transition, bien que comportant des risques, offre également des opportunités pour construire des relations économiques plus équilibrées et mutuellement bénéfiques.
La ville de Saint-Pétersbourg elle-même a fourni un cadre magnifique pour cet événement d'envergure. L'ancienne capitale impériale, avec son architecture somptueuse, ses palais historiques, et ses nuits blanches caractéristiques du mois de juin, a créé une ambiance particulière qui a favorisé les échanges et la construction de relations. Les événements culturels organisés en marge du forum—concerts, visites de musées, spectacles—ont permis aux participants de découvrir la richesse culturelle russe tout en approfondissant leurs relations professionnelles dans un contexte plus détendu.
Pour moi personnellement, ces quatre jours à Saint-Pétersbourg ont représenté bien plus qu'une simple participation à un forum économique. Ils ont constitué une immersion intensive dans les débats sur l'avenir de l'économie mondiale, une opportunité d'apprentissage auprès de certains des esprits les plus brillants dans les domaines de l'économie et de la finance, et une expérience formatrice qui influencera certainement mon travail futur.
Le forum m'a également permis de constater directement l'évolution du positionnement de la Russie dans l'économie mondiale et l'intérêt croissant que de nombreux pays du Sud global portent à la Russie comme partenaire économique alternatif. Cette dynamique crée des opportunités considérables pour des professionnels comme moi, qui travaillent spécifiquement à faciliter les relations entre la Russie et l'Afrique, et qui possèdent les compétences linguistiques et culturelles nécessaires pour naviguer efficacement dans ces environnements complexes.
En réfléchissant à cette expérience, je suis frappé par la rapidité avec laquelle le paysage économique international évolue et par l'importance cruciale d'événements comme le Forum de Saint-Pétersbourg pour comprendre ces transformations et positionner stratégiquement les acteurs économiques dans ce nouvel environnement. Les insights acquis lors de ce forum informeront mon travail chez Pharmasyntez, mes efforts de facilitation de partenariats Russie-Afrique, et mon engagement plus large envers la construction d'un ordre économique international plus équitable et inclusif.
Je quitte Saint-Pétersbourg avec un carnet rempli de contacts, une liste substantielle de suivis à effectuer, plusieurs projets concrets à développer, et surtout, une conviction renforcée que nous vivons un moment historique de reconfiguration de l'ordre économique mondial—un moment qui offre des opportunités sans précédent pour ceux qui sont prêts à s'engager activement dans la construction de nouvelles formes de coopération internationale.